Logan, où Pourquoi l’on se met à aimer toujours la même purée…

Logan, où Pourquoi l’on se met à aimer toujours la même purée…

Il fut quelques année, durant mon adolescence, ma mère tenta de me faire aimer un plat que je ne m’appréciait pas en me forçant à en manger à tout les repas durant une bonne semaine de vacances d’été.
Aujourd’hui , je n’apprécie toujours pas ce plat et je m’interroge sur la raison qui pousse le Cinéma à se comporter comme ma mère…
 
Je suis allé voir « LOGAN », à l’occasion d’une avant première où je fut invité à produire quelques dédicaces, film réalisé par James Mangold lequel avait déjà eu une vision intéressante de la licence « X-men » au cinéma et surtout du personnage de Wolverine au travers d’un autre film Wolverine : Le Combat de l’immortel.

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Film très attendu si je puis dire, et cela depuis l’apparition d’une bande annonce toute en couleurs et en hémoglobine qui annonçait une virée en bagnole sur fond de Johnny Cash mélancolique. Qu’on se le dise, le timbre chaud de Johnny fait tellement vibrer les myocarde que je considére que l’utiliser dans un quelconque traiter est de la triche…
 
Le film démarre par une superbe exposition, dépeignant l’évolution d’un Wolverine vieillissant, presque moribond, empoisonné par le métal qui le parasite et traînant sa tronche au travers du Texas, cherchant à gagner assez d’argent pour offrir un lieu de vie isolé à un Charles Xavier tout aussi déglingué et devenu dangereux a cause de crises de démence affectant son cortex fatigué.
Logan, bourru et égoïste se vois plus ou moins d’accepter de faire le taxi pour une enfant et de l’entraîner, elle et Xavier au travers de l’ouest américain.
Ce film nous dépeint un requiem, le chant du cygne de la bête à griffe car il est plus qu’annoncé qu’il s’agit là de la dernière apparition de Hugh Jackman et Patrick Steward au sein de la saga.
Les rumeurs expliquent d’ailleurs que H. Jackman aurait accepté de baisser son salaire afin que, par d’obscure raison budgétaires, le film soit classifié « R » au états unis, c’est à dire interdit au moins de 17 ans.
 
Entendons nous bien, Logan est un bon film un très bon film d’ailleurs, mais il n’est pas le vent frais que nous attendons car si il est parfaitement exécuté malgré des set-up/pay-off grossiers et forcés (cette balle en adamantium devient presque un gimmick) , il souffre d’un manque d’originalité totale…
Logan, c’est l’histoire d’une paternité forcée que l’on nous raconte déjà depuis des années.
Logan c’est l’histoire de Léon et d’un road movie avec tout les archétypes du genre: Un chef de bande roulant vers une évolution ou une rédemption, un enfant qui à besoin d’apprendre de ce voyage, et un vieillard paternaliste qui ne survivra pas à la virée…
 
Tout est entendu, attendu, et rien ne nous surprend jamais, le film nous porte avec une certaine tension il est vrai, sur les sièges de ces bagnoles à la découverte d’un Homme que nous connaissons déjà et de sa supposée « fibre paternelle » qui finalement jamais ne montrera le bout de ses griffes.
Car entendons nous bien, si j’ai fait la comparaison avec Léon un peu plus tôt, il n’est là question nulle part d’empathie, d’amour ou d’un quelconque lien avec l’enfant comme pourtant la bande annonce nous laissait supposer.
Logan à de l’amour et de l’empathie à revendre certes, mais il l’a pour Charles Xavier, son « père » qui l’a recueilli et qui maintenant à besoin de lui. Jamais il n’est montré que Wolverine ressent véritablement le besoin de protéger cette enfant qui pourtant est la sienne. Alors qu’il la conduit il fait son boulot, alors qu’il refuse d’être payé, il fait preuve d’honneur, alors qu’il revient la secourir elle et ses compagnon, il fait son devoir. Quoi qu’il arrive, Logan est un soldat, il n’est pas un père. Il reste cette bête enragée qui combat pour laisser exploser sa colère et qui visiblement en avait bien besoin.
 
Quel intérêt alors d’avoir intégré ce personnage de X-23/ Laura. Le film nous montre à mesure qu’il se déroule qu’elle n’est qu’un prétexte et finalement ne sert pas l’histoire.
Pourquoi faudrait il la conduire en voiture ?
Parce qu’elle a besoin d’être protégée ? Toutes les scènes nous la montre presque aussi vaillante que son « père ».
Parce qu’elle a besoin d’être élevée ? Son mutisme et sa débrouillardise nous disent le contraire.
Parce qu’elle ne sais pas conduire ? … Elle sait conduire…
Le récit persiste à se contredire lui même et nous servir un enchaînement de scène qui si elle nous mènent certes vers un climax attendu et désiré, le fait en traînant sa barque sur d’autres courants que ceux annoncés…
 
Il était pourtant beaucoup d’occasions de nous présenter un peu plus subtilement un amour filiale entres les deux héros, la scène de dîner chez les fermiers par exemple (dont le destin semble évident dès que les protagonistes posent leur miséricorde sur eux), aurait mérité de durer quelques secondes de plus et montrer le miroir entre ces deux « familles ». Seulement non, elle ne sert qu’a introduire une péripétie de plus afin de nous dépeindre un Wolverine que nous savons déjà « Badass »
 
J’en viens donc à me demander quand arrivera ce tournant on nous comprendrons que la même purée nous est servie depuis des années.
Logan est un très bon objet de Cinéma certes, mais il n’a rien d’original et nous offre un enchaînement de « déjà vu » saupoudrés de tans de violence qu’il en devient parfois grotesque a vouloir rentabiliser son « Rated R ». Le film reste très bon mais aurait mérité de se servir de ses « longueurs » pour développer les facettes d’un personnage qu’il s’efforce malheureusement de maintenir « unilatéral »…
 
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